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IRAN

19 juillet 2006 - Marseille
rassemblement, 19h, Vieux Port

Journée internationale de solidarité
avec les Lesbiennes Gais Bi et Trans d’Iran

Parce qu’un 19 juillet 2005, deux adolescents âgés de 16 et 18 ans étaient pendus sur la place publique d’Edalat dans la ville de Mashhad au nord-est du pays : ils se nommaient Mahmoud et Ayaz.
Parce qu’il est impossible d’oublier !
Parce qu’il ne faut surtout pas oublier !

En exécutant ces deux adolescents, âgés de 14 et 16 ans au moment des faits, l’Iran n’a pas seulement prononcé la peine de mort pour motif d’homosexualité mais elle a aussi enfreint gravement le droit humanitaire international. En tant qu’État signataire du Pacte International relatif aux droits civils et politiques et à la Convention des droits de l’enfant, l’Iran s’était en effet, engagé à ne plus exécuter des personnes mineures.

Cette journée est un appel à tous les Etats à travers le monde. Ils ont pour devoir de témoigner leur solidarité avec nos frères et sœurs persécuté(e)s en Iran et partout dans le monde. Ils doivent exiger et obtenir de l’Iran l’abolition de la peine de mort, la dépénalisation de l’homosexualité et la libération des personnes détenues ou condamnées du seul fait de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.

La France ne doit pas ignorer plus longtemps nos appels car nous ferons la démonstration d’une solidarité indéfectible en signe de dénonciation d’un régime inacceptable dans lequel la mise à mort d’un être humain n’est que pure formalité et dont sont particulièrement victimes les femmes et les minorités sexuelles.

Nous dénonçons la peine de mort et la pénalisation de l’homosexualité en Iran et partout dans le monde. Notre collectif ’associations appelle à un rassemblement à Marseille, le mercredi 19 juillet, à 19 heures sur le Vieux Port.

Nous signons la pétition : Ensemble Contre la Peine de Mort !
Pétition à signer sur place ou sur http://www.abolition.fr

Signataires du communiqué et membres du collectif :
Académie Gay & Lesbienne, Act Up-Paris, ADHEOS, Arc-enCiel Toulouse, ARDHIS, Aux 3G, Centre Evolutif Lilith, Collectif contre l’homophobie, Commission LGBT des Verts, Coordination InterPride France, Coordination Lesbiennes en France (CLF), Centre Lesbien, Gai, Bi & Trans de Paris et Ile-de-France, Ensemble Contre l’Homophobie (ECHO), Ensemble contre la peine de mort, Entre Nous, Homosexualités Et Socialisme (HES), Comité  IDAHO, Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT), JCR, LCR, La Différence en Question, Lesbian & Gai Pride de Montpellier, Mémoire des sexualités, MDH (Mémorial de la Déportation Homosexuelle), Jeunes Communistes, Panthères Roses, Parti Communiste Français, RAVAD (Réseau d’assistance aux victimes d’agression et de discrimination), Rimbaud 06, Sans Contrefaçon (SC), Solidarité Internationale LGBT, SOS Homophobie, SNEG (Syndicat National des Entreprises Gaies), Union des Etudiants Communistes, Universités d’Eté Euroméditerranéennes des Homosexualités (UEEH), Wake Up !

Contacts Presse :
Philippe Colomb (Solidarité Internationale LGBT) : 06 89 85 31 09 ; philippe.colomb@si-lgbt.org
Hussein Bourgi : 06 70 13 16 26 ; husseinbourgi@hotmail.com
Karine Espineira : 06 10 73 21 76 ; karine.espineira@sans-contrefacon.com

Homophobie, SNEG (Syndicat National des Entreprises Gaies), Union des Etudiants Communistes, Universités d’Eté Euroméditerranéennes des Homosexualités (UEEH), Wake Up !

Contacts Presse : Philippe Colomb (Solidarité Internationale LGBT) : 06 89 85 31 09 ; philippe.colomb@si-lgbt.org
Hussein Bourgi : 06 70 13 16 26 ; husseinbourgi@hotmail.com
Karine Espineira : 06 10 73 21 76 ; karine.espineira@sans-contrefacon.com

 

 

IRAN 2005


       condamnations et exécutions publiques d'homosexuels

                              

    La Coordination InterPride France exige de l'Iran :

       - la dépénalisation de l'homosexualité,
       - le respect des traités internationaux qu'elle a signés concernant les Droits de l'Homme,
       - l'abolition de la peine de mort.

 Signez ici la pétition d'Ensemble contre la peine de mort
" Pas d'homo à l'échafaud ! "

écoutez ici la version audio

Sites

Solidarité Internationale LGBT                             Ensemble contre la peine de mort              


           
                               International Gay and Lesbian Human Rigths Commission


                          Human Rights Watch                         



Chronologie

tetu.com            vendredi 22 juillet 2005
L'Iran a exécuté deux adolescents en raison de leur «homosexualité»
par Emmanuelle Cosse

Deux adolescents homosexuels ont été exécutés publiquement le 19 juillet, sur la place de la «justice» de la ville de Mashhad. L'un était âgé de 18 ans, l'autre était mineur. Ils ont été identifiés par les initiales M.A. and A.M. Selon Outrage!, les deux jeunes gens auraient admis sous la torture avoir eu des relations sexuelles avec des hommes. Leur avocat, Monsieur Rezazadeh, estimait que les jeunes gens n'avaient pas conscience que les relations homosexuelles et le fait de boire de l'alcool était interdit. «L'homosexualité est une crime en Iran, mais la peine de mort est normalement réservée pour les crimes, les viols, les vols à main armée, l'adultère, le trafic de drogues et l'apostasie.» Un troisième garçon, âgé de 13 ans, qui était vraisemblablement avec eux, n'a pas été condamné parce que la loi iranienne ne reconnaît pas le consentement sexuel à cet âge, ce qui implique que tout contact sexuel avec un mineur de 13 ans est considéré comme un viol. C'est pourquoi M.A. et A.M. ont été condamnés pour avoir «violé» ce garçon. Avant leur exécution, ils avaient été emprisonnés 14 mois et avaient reçus 228 coups de fouet. La nouvelle de cette exécution a été rendue publique, avec photos, le 19 juillet par l'INSA, l' Iranian Students News Agency. «Voilà la dernière barbarie du fascime-islamiste de l'Iran», a déclaré Peter Tatchell, responsable d'OutRage!, qui rappelle qu'on estime à 4000 gays et lesbiennes avaient été exécutés depuis l'arrivée au pouvoir des Ayatollahs en 1979. Outrage!, demande d'envoyer des protestions dans les ambassades d'Iran de son pays, en exigeant à son propre gouvernement de rompre les relations diplomatiques avec l'Iran et d'imposer des sanctions commerciales contre l'Iran. Plus d'infos sur le site internet d'Outrage!



e-llico.com            vendredi 22 juillet 2005
Deux adolescents exécutés pour homosexualité en Iran
Deux adolescents prétendument homosexuels ont été exécutés publiquement le 19 juillet dernier pour "crime" d’homosexualité. Ces jeunes ont été pendus dans un square de la ville de Mashhad, dans le nord-est de l’Iran après leur condamnation à mort par un tribunal selon la loi islamique.

L’information a été donnée par l’Agence d’information des étudiants iraniens (ISNA, Iranian Students News Agency). Un des deux jeunes était âgé de 18 ans, le second était mineur. Les deux garçons auraient reconnu (probablement sous la torture) avoir eu des relations homosexuelles. Pour leur défense, les deux victimes ont plaidé l’ignorance de la loi et le fait que beaucoup de jeunes avaient des relations homosexuelles entre eux.

Avant leur exécution, les adolescents ont été détenus 14 mois en prison et ont été fouettés de 228 coups.

Leur avocat n’a pas réussi à infléchir la décision de la Cour suprême de Téhéran en évoquant leur jeunesse (16 ans au moment des faits). Le code pénal iranien prévoit que les garçons peuvent être pendus à partir de 15 ans.

Selon des informations des défenseurs des droits de l’Homme, trois autres jeunes iraniens auraient été arrêtés par la police, mais leur traque aurait été dissimulée en disparation. On craint aussi leur exécution.

L’homosexualité est régulièrement utilisée contre les opposants au régime iranien par les forces de police et de justice pour les arrêter ou les éliminer physiquement.

Peter Tatchell, du groupe Outrage!, a déclaré à propos de cette exécution : "Il s’agit du dernier acte de barbarie en date des Islamo-fascistes en Iran". Selon les défenseurs des droits de l’Homme en Iran, 4 000 gays et lesbiennes auraient été exécutés depuis la prise du pouvoir par les Ayatollahs en 1979.   
Mis en ligne le 22/07/05



Amnesty International            vendredi 22 juillet 2005
IRAN, les exécutions de mineurs délinquants se poursuivent
DÉCLARATION PUBLIQUE
Au lendemain de l’exécution, en moins d’une semaine, de trois personnes condamnées à mort pour des crimes commis alors qu’elles étaient âgées de moins de dix-huit ans, dont une qui était encore mineure lors de sa mise à mort, Amnesty International exhorte le gouvernement iranien ce vendredi 22 juillet 2005 à mettre définitivement un terme à ces exécutions. Le 19 juillet 2005, A.M., jeune homme âgé de dix-huit ans dont on ne connaît que les initiales, et Mahmoud A., mineur, ont été pendus sur la place publique dans la ville de Meched, située dans le nord-est du pays. Selon les informations reçues, tous deux ont été reconnus coupables d’agression sexuelle sur un garçon âgé de treize ans et étaient incarcérés depuis 14 mois. Avant leur exécution, ils ont reçu chacun 228 coups de fouet pour consommation de boissons alcoolisées, atteinte à la tranquillité publique et vol. Auparavant, le 13 juillet, Ali Safarpour Rajabi, âgé de vingt ans, a été pendu pour le meurtre d’Hamid Enshadi, policier de la ville de Poldokhtar. Selon les informations dont dispose Amnesty International, sa condamnation à mort a été prononcée en février 2002, alors qu’il était âgé de dix-sept ans, pour un crime probablement commis alors qu’il n’avait que seize ans. En tant que partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et à la Convention relative aux droits de l’enfant, l’Iran s’est engagé à ne pas procéder à l’exécution d’une personne ayant commis un crime alors qu’elle n’avait pas dix-huit ans. Depuis quatre ans, les autorités iraniennes examinent un projet de loi qui interdirait le recours à la peine capitale contre des personnes âgées de moins de dix-huit ans au moment des faits qui leur sont reprochés. Au titre de l’article 1210-1 du Code civil iranien, l’âge de la responsabilité pénale est fixé à 15 années lunaires pour les garçons et neuf pour les filles. En janvier 2005, après avoir examiné le second rapport périodique de l’Iran sur sa mise en application des dispositions de la Convention relative aux droits de l’enfant, le Comité des droits de l’enfant (CDE) des Nations unies, composé d’experts indépendants et chargé au titre de la Convention de veiller à l’application du traité par les États parties, a prié l’Iran : «[…] de prendre les mesures requises pour instituer sans délai un moratoire sur l’exécution de toutes les peines capitales prononcées à l’encontre de personnes ayant commis un crime alors qu’elles n’avaient pas atteint l’âge de 18 ans, et de faire le nécessaire sur le plan juridique afin de les commuer en peines conformes aux dispositions de la Convention et d’abolir la peine de mort pour les crimes commis par des personnes âgées de moins de 18 ans, conformément aux prescriptions de l’article 37 de la Convention.» Et l’a exhorté, entre autres : «[…] à instituer sans délai un moratoire sur l’imposition et l’exécution de toutes les formes de torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, tels que l’amputation, la flagellation ou la lapidation, pour les crimes commis par des personnes âgées de moins de 18 ans.» (Paragraphes 30 et 73-b des Observations finales du Comité, doc. ONU CRC/C/15/Add.254) En 2005, l’Iran a exécuté au moins quatre personnes pour des crimes commis alors qu’elles étaient âgées de moins de dix-huit ans, dont une qui était encore mineure lors de son exécution. Sur cette période, Amnesty International a recensé 42 exécutions, ce chiffre étant probablement bien en-deçà de la réalité. Le temps est venu pour l’Iran de cesser de condamner des mineurs à la peine capitale, de ne plus procéder à leur exécution et de mettre un terme à toute forme de violence à leur encontre.
Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d’Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulter le site http://www.amnesty.org



tetu.com         mardi 26 jullet 2005
Iran : un homo iranien revient sur la pendaison de deux jeunes gays
par Emmanuelle Cosse
Le site gay russe Gayrussia.ru a obtenu une interview d'un collaborateur de Maha Magazine, une publication gay en persan, diffusée par e-mail, à propos des pendaisons de deux jeunes gays en Iran le 19 juillet dernier. Cette personne, qui est restée anonyme pour des raisons de sécurité, explique que cette exécution a été médiatisée en Iran et qu'on dispose encore de peu de détails sur les raisons de cette condamnation. «La Prix Nobel Shirin Ebadi a protesté contre l'exécution. Mais la situation en Iran n'est pas telle qu'on puisse ouvertement parler de droits des personnes LGBT. Dès lors, ceux qui ont protesté l'ont fait contre l'exécution d'enfants. Le problème vient des informations contradictoires: personne ne veut défendre les violeurs d'un garçon de 13 ans, comme les décrivent les autorités.» Il revient ensuite sur la situation des homosexuelles en Iran, difficile mais pas impossible et demande à ce que le soutien envers les iraniens homos se poursuive. «Gardez un œil sur l'Iran, et continuez à exiger une meilleure vie et le respect pour les Iraniens LGBT. Votre soutien nous est précieux et nous fournit de l'énergie et du courage...» Une traduction française de l'interview est disponible sur le site de 360°.



e-llico.com            mercredi 27 juillet 2005
Iran : nouvelles informations après l’exécution de deux jeunes pour homosexualité

L’exécution par pendaison de deux jeunes iraniens condamnés sur la base de leur homosexualité présumée continue de susciter réactions et commentaires.

Dans un entretien avec Nikolai Alekseev du site russe Gayrussia.ru, un éditeur du web-magazine gay iranien MAHA magazine évoque l’exécution, le 19 juillet dernier, de deux jeunes pendus pour « viol » pour avoir eu des relations sexuelles entre mineurs avec un adolescent de 13 ans.

Selon ce rédacteur de MAHA, des versions contradictoires des faits ont circulé de la part des autorités iraniennes faisant tour à tour de l’homosexualité des jeunes garçons puis d’un « viol » sur mineur de 13 ans (sachant que tout rapport sexuel en deçà de 13 ans est assimilé à un viol selon la loi iranienne) le motif de leur condamnation à mort. Ces divergences officielles sur la véritable raison de l’incrimination traduirait la volonté du pouvoir iranien d’instrumentaliser le procés et la condamnation de ces jeunes à des fins de politique intérieure.

La Prix Nobel Shirin Ebadi a protesté contre l'exécution tout en faisant valoir que la situation en Iran n'est pas telle qu'on puisse ouvertement parler de droits des personnes LGBT. De ce fait, ceux qui ont protesté l'ont fait contre l'exécution d'enfants et non sur la base du respect des droits des minorités sexuelles.

En France, l’association Flag ! des policiers homosexuels interpelle le ministre des Affaires étrangères sur ce crime d’Etat. « En assassinant de malheureux innocents, le gouvernement iranien accomplit un geste inqualifiable qui ne peut qu’être unanimement condamné par tous ceux qui, à travers le monde, sont épris de justice et de liberté » écrit Flag ! dans un communiqué.

« Notre pays, la France, patrie des droits de l’Homme ne peut rester sans voix devant une telle barbarie. Une telle attitude serait comprise par le pouvoir iranien comme une caution de ses agissements. Nous vous demandons de faire connaître aux autorités iraniennes la protestation officielle de la France devant ses assassinats barbares »
, demande l’association LGBT.

L’entretien exclusif avec les éditeurs de MAHA magazine est disponible en anglais sur www.gayrussia.ru
Mis en ligne le 27/07/05



Liberation.fr            samedi 30 juillet 2005
Frédéric Mitterrand écrit dans Son journal de la semaine
dimanche    Cliché de barbarie pure
Je n'arrive pas à détacher mon attention de l'abominable photo parue dans le Monde d'hier où l'on s'apprête à pendre en public deux adolescents iraniens jugés coupables d'en avoir violé un plus jeune après avoir consommé de l'alcool, la sentence dûment confirmée par la Cour suprême des barbus étant assortie d'un nombre incalculable de coups de fouet. Ils sont en chemisette d'été, manches courtes, col ouvert et pour cause, on devine qu'ils sont beaux ; deux bourreaux encagoulés, guère plus âgés qu'eux, s'assurent des bandeaux sur les yeux et des noeuds coulants qui vont leur briser la nuque ; il y a certainement du monde pour assister au spectacle car on aperçoit aussi le sommet d'une tête et un bras dressé au bas du cadre, sans doute d'autres jeunes gars qui les insultent encore et conseillent à la manoeuvre.
On ne saura jamais ce que pensait à cet instant celui qui a pris ce cliché de la barbarie pure. Je me souviens de la jeune fille de 16 ans condamnée à la même peine pour avoir couché avec un garçon et insulté les juges en arrachant son tchador et qu'un mollah enragé a pendu lui-même au crochet d'une grue il y a quelques mois, autre crime de la pseudo-République islamique relaté par Elisabeth Badinter. Les atrocités commises par les puissances occidentales en Irak ou ailleurs ne relèvent pas de la même monstruosité ; elles impliquent l'ignorance, la bonne conscience imbécile, la férocité économique, mais pas cette cruauté morbide qui se pose en exemple au nom d'une morale absolue dénuée de toute humanité. C'est le genre de meurtre codifié à jamais impardonnable qui fut infligé à Van der Lubbe, l'incendiaire du Reichstag, le terrorisme d'Etat que tous les totalitarismes ont perpétré jusqu'à maintenant et auquel la Chine d'aujourd'hui, triomphante et courtisée, n'entend pas renoncer.



Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme (FIDH)     Genève, mardi 26 juillet 2005
Intervention orale à la 57e session, du 25 juillet - 12 août 2005 sur le point 2 de l'ordre du jour :
Question de la violation des droits de l"homme et des libertés fondamentales, y compris la politique de discrimination raciale et de ségrégation dans tous les pays, en particulier dans les pays et territoires coloniaux et dépendants: rapport de la Sous-Commission établi en application de la résolution 8 (XXIII) de la Commission des droits de l"homme.

En Iran, la FIDH et ses organisations membres, la Ligue de défense des droits de l'Homme en Iran (LDDHI) et le Defenders of Human Rights Center (DHRC) s'inquiètent de la recrudescence des violations des droits de l'Homme, des atteintes à la minorité Bahaï et des élections présidentielles flouées.
Deux garçons ont été pendus publiquement le 19 juillet dernier à Mashhad, après avoir chacun reçu 228 coups de fouet. Ayaz Marhoni avait dix huit ans et Mahmoud Asgari, était mineur, de 16 ou 17 ans. Les deux étaient mineurs au moment des faits qui leur étaient reprochés. Ils ont été accusés de viol sur un autre mineur et atteinte à l'ordre public. Il est probable qu'ils ont été condamnés pour leur homosexualité, passible de la peine de mort.
Aujourd'hui, plus d'une trentaine de mineurs attendent leur exécution dans les couloirs de la mort, un pays où l'âge de la responsabilité pénale est à 9 ans pour les filles et 15 pour les garçons. Les exécutions de Mashhad sont les premières à intervenir après que le Comité des Nations unies sur les droits de l'enfant ait sommé, en janvier 2005, la République islamique d'Iran de suspendre toute exécution de personne mineure au moment des faits, une pratique contraire à la Convention. Le caractère public de l'exécution et les coups de fouet qui l'ont précédé ne fait qu'ajouter à l'ignominie de ce crime.
Nous sommes également gravement préoccupés par la détérioration de la santé de Akbar Ganji. Ce journaliste iranien a été condamné en 2001 à six ans de prison pour avoir écrit un article sur la responsabilité de hauts dignitaires du régime dans une série de meurtres d'intellectuels et d'écrivains. Incarcéré à la prison, d'Evin, il a entamé une grève de la faim le 10 juin 2005, pour protester contre le refus de son hospitalisation. Il est donc aujourd'hui (mardi 26 juillet) à son 45ème jour de grève. Après l'appel adressé par cinq rapporteurs spéciaux de la Commission des droits de l'Homme, il a été transféré à l'hôpital, d'où il continue sa grève de la faim. Plusieurs journaux conservateurs (parmi lesquels Kayhan, Resalat, Jamé-jam et Syasaté-Rouz) ont par ailleurs lancé une campagne de diffamation contre son avocate Shirin Ebadi, l'accusant de ne vouloir le rencontrer que pour l'assassiner, afin de faire de lui un martyr.
Hier, le 25 juillet, la Cour d’Appel de Téhéran lors d’une audience à huis clos, a entendu les plaidoiries des avocats de la mère de Zahra Kazemi, photographe –journaliste irano-canadienne décédée en juillet 2003, suite à la torture et mauvais traitements subis durant sa détention. Les avocats de la partie civile, dont Shirin Ebadi ont déclaré que les vrais coupables, parmi lesquels Saïd Mortazavi le procureur de Téhéran, n’ont pas été poursuivis.

En Israel, la FIDHest préoccupée par l'ignorance dans laquelle le gouvernement laisse l'avis consultatif de la Cour Internationale de Justice, en date du 9 juillet 2004, qui déclarait illégale la construction du mur de séparation en Cisjordanie ainsi que la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies demandant aux Etats de la communauté internationale de se conformer à cet avis. Tenant compte de plusieurs décisions rendues par la Cour suprême israélienne ordonnant certaines modifications au tracé de cette construction, le gouvernement israélien a validé, le 10 juillet 2005 un nouveau tracé qui conduira à isoler un peu plus Jérusalem Est de la Cisjordanie et à entériner l’annexion de la totalité de cette ville.
La politique de colonisation de la Cisjordanie se poursuit de telle manière que plus de 45% de celle-ci se trouve occupée. En outre, le désengagement israélien de la bande de Gaza, dont le début est annoncé pour le mois prochain, laissera perdurer une situation intenable pour la population palestinienne. En effet, les autorités israéliennes conserveront le contrôle des frontières terrestres, maritimes et aériennes ; rien n’est encore prévu quant à la possibilité de circuler entre la bande de Gaza et la Cisjordanie ; enfin, les colonies retirées de Gaza pourraient être réimplantées sur les territoires de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie. Cette situation s’accompagne également d’entraves permanentes à la circulation au sein même de ces territoires et d’un étouffement économique qui favorise un accroissement constant de la paupérisation de la population palestinienne.

La FIDH et ses organisations membres en Israël sont également préoccupées par le dépôt devant la Knesset, d'un projet d'amendement à la loi sur la responsabilité civile, dans le but de refuser à tout ressortissant palestinien la possibilité de réclamer des réparations pour tout dommage causé par l'action des forces armées israéliennes, en violation flagrante du principe indérogeable de non-discrimination.
En Ouzbekistan, le 13 mai 2005, à Andijan - ville située dans la vallée du Ferghana - l’armée a ouvert le feu sur des milliers de manifestants qui s’étaient rassemblés dans le centre ville pour protester contre le procès de 23 personnes accusées d’appartenance au groupe islamiste radical « Akramia », et pour demander le respect des droits de l’Homme et l’amélioration des conditions de vie. Cette manifestation aurait causé la mort de, selon des chiffres très divergents, entre 200 (sources officielles) et 700 personnes selon d'autres sources. Dépêchée au Kirghizistan, une mission d'enquête du Haut Commissariat -qui n'a pu à ce jour se rendre en Ouzbekistan, faute d'autorisation- a reconnu que les autorités ouzbèkes étaient responsables de violations graves des droits de l'homme dont l'étendue pourrait les faire qualifier de « massacre », si les chiffres venaient à être vérifiés. Depuis, plusieurs centaines de personnes ont fui et se sont réfugiées en Russie et au Kirghizistan voisins. Mais les autorités ouzbèkes ayant demandé leur extradition, plusieurs d'entre elles ont été rapatriées de force, arrêtées et risquent la torture. La FIDH craint pour le sort de plusieurs centaines de personnes dans cette situation, témoins directs ou indirects de la répression.

En Fédération de Russie, la FIDH déplore un sérieux recul de l'Etat de droit et des droits de l'Homme. La FIDH est particulièrement préoccupée par la persistance de violations graves de droits de l'Homme en Tchétchénie, dont sont victimes les populations civiles. Plus récemment, une proposition de loi vise à placer sous le contrôle de l'exécutif les nominations, renvois et procédures disciplinaires touchant les juges et l'administration judiciaire, mesure qui entacherait les perspectives de justice indépendante et impartiale en Fédération de Russie.

Au Togo, les élections présidentielles d'avril 2005 ont été conduites en violation du droit à des élections libres et équitables. Des fraudes massives ont été relevées par des observateurs indépendants avant et pendant le processus électoral. L'annonce de la victoire de Faure Gnassingbé a été suivie par des scènes de violence impliquant les forces de l'ordre et les mouvements d'opposition. Plusieurs centaines de civils ont été exécutés et des milliers ont fui vers les pays voisins, le Ghana et le Bénin. Des militants d'opposition, journalistes et membres des organisations de droits de l'Homme restent à ce jour, la cible des forces de l'ordre et de leurs milices.

En Côte d’Ivoire, la situation reste très critique. Depuis la rupture du cessez-le-feu en novembre 2004, des violences inter-communautaires ont éclatées à l'Ouest (dans la région du Duekoue) et au Sud du pays (région Becedi-Brignan), entre mars et juillet de cette année, causant la mort de plusieurs centaines de personnes.
L'impunité reste systématique pour les violations graves des droits de l'Homme. Trois personnes arrêtées au Commissariat de police d'Abidjan fin mars 2005 ont été retrouvées mortes leur corps mutilés. Entre juin et juillet dernier, la FESCI, une association d'étudiants proche du parti au pouvoir, aurait commis des actes de torture, viols et violences contre plusieurs étudiants appartenant à un autre syndicat étudiant (l'AGEECI). Le dirigeant de ce syndicat a été enlevé, en plein jour, par des personnes identifiées comme appartenant à la FESCI. Il a été torturé pendant plusieurs jours et retrouvé mort à côté du campus universitaire de Cocody.
Dans la zone contrôlée par les rebelles, l'absence d'administration, de banques, et la faible capacité des hôpitaux rend la vie très difficile. La FIDH et le Mouvement Ivoirien des Droits de l’Homme appellent à ce que le rapport de la Commission internationale d'enquête sur les violations des droits de l'Homme commises en Côte d'Ivoire entre le 19 septembre 2002 et le 15 octobre 2004 soit rendu public et que ses recommandations soient mises en oeuvre.

En République démocratique du Congo, des violations massives des droits de l'Homme continuent d'être commises par les milices armées. Certaines d'entre elles sont soutenues par des pays frontaliers, notamment à l'Est du pays, en Ituri et au Kivu. La population civile continue de souffrir du conflit et est sujette aux meurtres, viols, saccage, la poussant à fuir des zones de conflits.
La mise en oeuvre de l'agenda de la période transitoire adopté dans les accords de Sun City a été repoussée pour mettre en place le cadre électoral. Cette situation a créé une tension entre les autorités et la société civile. Certains manifestants demandant la fin de la période de transition ont été tués pendant les manifestations pacifiques de juin 2005. Les défenseurs des droits de l'Homme sont détenus de façon arbitraire, harcelés et menacés par les forces de l'ordre pour leur contestation de la non-mise en oeuvre du processus électoral.

La FIDH reste préoccupée par les conditions de détention et l'usage de la torture dans les prisons sous la juridiction des Etats-unis d'Amérique, à Guantanamo, en Irak et en Afghanistan. En Avril 2005, les Etats-unis ont empêché l'adoption d'une résolution de la Commission des droits de l'Homme sur la situation à Guantanamo en faisant valoir qu'ils travaillaient à l'invitation des rapporteurs spéciaux des la Commission dans ces centres de détention. Depuis, les USA ont failli à leur engagement de coopérer. A ce jour, aucun rapporteur n'a obtenu de réponse à sa demande d'invitation. Pour ces raisons, quatre procédures spéciales de la Commission des droits de l'Homme ont annoncé leur intention de procéder à l'étude de la situation dans ce centre sur la base des informations crédibles disponibles et sans pouvoir se rendre sur place.
En juillet 2005, une Cour d'Appel a reconnu la compétence de tribunaux militaires ad-hoc mis en pace pour juger les prisonniers de Guantanamo, au lieu de les déférer devant une juridiction civile, en violation des règles et principes reconnus par cette Sous-commission. Enfin, une proposition de loi vise à étendre de manière permanente 14 des 16 articles du Patriot Act, contenant de nombreuses dispositions violant les obligations internationales en matière de droits de l'Homme des Etats unies d'Amérique.



e-llico.com            jeudi 4 août 2005
Polémique sur les raisons de l'exécution des deux jeunes Iraniens
Une polémique s'installe autour des raisons de l'exécution des deux jeunes Iraniens pendus publiquement le 19 juillet dernier. Selon l'association Human Rights Watch, c'est un viol sur un garçon de treize ans qui serait la cause réelle de cette condamnation et non des rapports sexuels consentants.

Selon Human Rights Watch, les deux jeunes exécutés auraient été reconnus coupables d'un viol sur un garçon de treize ans après l'avoir attaqué. Le viol se serait produit à l'écart d'une zone commerciale, deux ans auparavant, en présence de cinq autres garçons membres faisant partie d'un gang de violeurs. Des passants seraient intervenus pour faire cesser l'agression. Cette version des faits a été rapportée par le père du jeune décrit comme victime dans les colonnes d'un journal iranien le jour de la pendaison des prétendus coupables.

Plusieurs organes de presse occidentaux, le New York Times et le Times de Londres reprennent la même thèse. Pour expliquer les divergences existant avec la version initiale des évènements, des problèmes de traduction successives d'un article initial iranien sont mis en avant. En cause, l'organisation OutRage! à l'origine de la diffusion de cette nouvelle continue de maintenir sa version des faits et défend le caractère consentant de la relation sexuelle entre les deux jeunes condamné et le mineur de treize ans. OutRage! se prétend sûr de ses sources d'information émanant d'opposants au régime iranien notamment et fait état d'autres cas de prétendus viols destinés à servir de charges contre des personnes contestant le pouvoir en place.

Au delà de la polémique en cours, la présidence de l'Union Européenne a dénoncé les exécutions survenues. L'UE a rappelé sa position qui condamne la peine capitale quelle que soit les circonstances. Aux Etats-Unis, l'administration se montre prudente et a demandé une enquête sur cette affaire. Aucune protestation, même sur le principe de l'exécution n'a été émise.      Mis en ligne le 04/08/05



Coordination InterPride France (CIF)
            lundi 8 août 2005
Communiqué commun des associations suivantes interpellant l'Iran, la France, et appelant à des rassemblements le jeudi 11 août :
Académie Gay & Lesbienne, ARDHIS, Act Up-Paris, AGLA France, C’est l’ bouquet!, Collectif contre l’homophobie, Commission LGBT des Verts,
Coordination InterPride France, Coodination Lesbienne en France, Centre lesbien, gai, bi & trans de Paris et Ile-de-France, Ensemble contre la peine de mort, Homonormalités, Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans, Panthères roses, Soeurs de la Perpétuelle Indulgence (couvents de Paname et d’Atlantique Sud), Solidarité Internationale LGBT, SOS Homophobie

En Iran, l’homosexualité est un crime puni de mort
En Iran, deux adolescents âgés de 16 et 18 ans ont été pendus le 19 juillet dernier, sur la place publique d’Edalat (Justice) dans la ville de Mashhad au nord-est du pays.
C es deux garçons, mineurs au moment des faits, ont été condamnés pour le viol d’un adolescent de 13 ans, mais d’autres sources indiquent qu’en fait ils ont été exécutés en raison de leurs pratiques homosexuelles. En fait, tout porte à croire que le caractère homosexuel des actes reprochés a été un élément déterminant dans la sévérité des peines prononcées et dans leurs exécutions. Ces assassinats légaux s’inscrivent parfaitement dans la politique de répression et de haine homophobe de l’État iranien.
En outre, en exécutant ces deux adolescents, âgés de 14 et 16 ans au moment des faits, l’Iran enfreint gravement - une fois de plus - le droit humanitaire international. En tant qu’État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à la Convention des droits de l’enfant, l’Iran s’est, en effet, engagé à ne plus exécuter des personnes mineures.
« Ces exécutions sont inacceptables, dégradantes et inhumaines, et nous sommes très inquiets quant à l’évolution de la situation des droits humains en Iran » a déclaré le collectif d’associations qui vient de solliciter un rendez-vous auprès de l’ambassadeur d’Iran en France, afin de lui faire part de son indignation et de ses préoccupations. La peine de mort est une arme de contrôle social inadmissible qui frappe particulièrement les femmes et les minorités sexuelles.
Pour dénoncer la peine de mort et la pénalisation de l’homosexualité en Iran, notre collectif d’associations appelle à un rassemblement le jeudi 11 août à PARIS : 19h sur la place Edmond Michelet (parvis de Beaubourg) à MONTPELIER : 12h sur la place de la Comédie (Trois Grâces), à LONDRES : 13h au 16 Prince’s Gate.
Nous exigeons des autorités iraniennes la dépénalisation de l’homosexualité entre adultes consentants et, dans cette attente, la libération des toutes les personnes détenues ou condamnées uniquement du fait de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.
Nous exigeons de l’Iran le respect rigoureux de ses engagements internationaux en matière de droits humains.
Nous exigeons l’abolition de la peine de mort en Iran.
Le collectif demande également aux autorités françaises qu’elles condamnent officiellement ces exécutions, qu’elles respectent scrupuleusement le droit d’asile des personnes issues de minorités sexuelles et qu’elles restent extrêmement vigilantes et fermes face à l’homophobie dans le monde.
9 pays condamnent encore l’homosexualité à la peine capitale ! Iran, Arabie Saoudite, Afghanistan, Mauritanie, Soudan, Nigeria, Yémen, Pakistan, Emirats Arabes Unis.
« Pas d’homo à l’échafaud ! » : signez ici la pétition d’Ensemble contre la peine de mort.
Contact presse :
Héloïse Baudienville, 01 47 07 61 60, Ensemble contre la peine de mort, hbaudienville@abolition.fr
Philippe Colomb, 06 89 85 31 09, Solidarité Internationale LGBT, www.si-lgbt.org



tetu.com            mardi 9 août 2005

Rassemblements contre la peine de mort et la pénalisation de l'homosexualité en Iran
par Emmanuelle Cosse

À l'appel d'une vingtaine d'organisations*, des rassemblements sont organisés le jeudi 11 août, à Paris, à Montpellier et à Londres, contre la peine de mort et la pénalisation de l'homosexualité en Iran. Le collectif veut réagir à la pendaison le 19 juillet dernier en Iran de deux adolescents âgés de 16 et 18 ans, condamnés pour viol mais dont plusieurs sources indiquent qu'ils auraient pu être exécutés en raison de relations homosexuelles (lire Lettre du 22 juillet). «Ces assassinats légaux illustrent parfaitement la politique de répression et de haine homophobe qui persiste en Iran», estiment les associations qui rappellent également qu'«en exécutant ces deux adolescents, âgés de 14 et 16 ans au moment des faits, l'Iran enfreint gravement - une fois de plus - le droit humanitaire international. En tant qu'État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à la Convention des droits de l'enfant, l'Iran s'est, en effet, engagé à ne plus exécuter des personnes mineures». Le collectif soutient par ailleurs la campagne «Pas d'homo à l'échafaud!», une pétition lancée d'Ensemble contre la peine de mort qui peut être signée sur le site.

Les rassemblements se dérouleront à Paris, à 19h sur la place Edmond Michelet (parvis Beaubourg) et à Montpellier à 12h sur la place de la Comédie Trois Grâces. Le rassemblement à Londres aura lieu à 13h au 16 Prince's Gate.

*Académie Gay & Lesbienne, Act Up-Paris, AGLA France, ARDHIS, C'est l'bouquet!, Collectif contre l'homophobie, Commission LGBT des Verts, Coordination InterPride France, Coordination Lesbiennes en France, Centre lesbien, gai, bi & trans de Paris et Ile-de-France, Ensemble contre la peine de mort, Homonormalité, Inter-LGBT, Panthères roses, Soeurs de la Perpétuelle Indulgence (couvents de Paname et d'Atlantique Sud), Solidarité Internationale LGBT, SOS homophobie.

 

Ensemble contre la peine de mort            jeudi 11 août 2005
Le collectif d'association confie à Ensemble contre la peine de mort l'envoi d'un courrier à l'ambassadeur d'Iran pour protester contre ces deux exécutions et lui demander un rendez-vous. A ce jour, cette demande n'a jamais été honorée par Monsieur Seyed Mohammad Sadeq Kharrazi, ambassadeur d'Iran en France.

Paris, le 11 août 2005
A l’attention de Son Excellence l’ambassadeur d’Iran en France,
Monsieur Seyed Mohammad Sadegh KHARAZI

Objet: demande de rendez-vous

Excellence,
Nous vous écrivons pour vous faire part de notre préoccupation suite à l’exécution publique de deux iraniens, Mahmoud Asgari et Ayaz Marhoni, le 19 juillet 2005 dans la ville de Mashhad .
Les informations que nous avons collectées nous permettent d’affirmer qu’il s’agissait de deux adolescents mineurs au moment des faits reprochés et qu’ils ont subi 228 coups de fouets pendant leurs 14 mois de détention.
L’Iran a pourtant ratifié sans réserve le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que la Convention des droits de l’enfant sous réserve « du droit de ne pas appliquer n’importe quel article de la Convention qui serait incompatible avec les Lois Islamiques».
Ces deux traités interdisent la torture et toute autre punition cruelle, inhumaine ou dégradante et condamnent l’application de la peine capitale pour les mineurs.
ECPM et l’ensemble des membres du collectif s’opposent à la peine de mort quel que soit le crime commis, qu’elle considère comme un traitement cruel, inhumain ou dégradant. Rappelons que les principes et protections relatifs aux droits de l’homme sont fondés sur le respect inébranlable de la dignité humaine et de l’inviolabilité de la personne humaine.
Ces principes ne sont pas conciliables avec la peine de mort, forme de punition unique par sa barbarie et sa finalité.
La presse rapporte également que les deux jeunes garçons ont été accusés de l’enlèvement et du viol d’un garçon de 13 ans et certaines sources rapportent que cette agression sexuelle a été inventée afin de masquer le réel chef d’accusation : l’homosexualité des deux garçons.
C’est pourquoi notre collectif vous écrit, afin de vous demander des précisions sur cette affaire.
Vivre librement son orientation sexuelle, entre partenaires consentants, ne peut être considérer un crime et ne doit nullement avoir sa place dans un code pénal, qui plus est passible de la peine de mort.
Au nom de la liberté et des droits humains les plus élémentaires, valables pour toutes les femmes et tous les hommes, par delà les différences culturelles ou les doctrines religieuses, nous vous demandons de faire tout ce qui est dans vos moyens et d'agir avec la plus grande vigueur pour que l’Iran réforme son code pénal et, dans cette attente, commue les condamnations à mort et libère les prévenus arrêtés au motif d’ homosexualité.
Pour toutes ces raisons nous souhaiterions vous rencontrer et ainsi vous faire part plus précisément de nos préoccupations.
Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions d’agréer l’expression de nos sentiments respectueux.




Rassemblement à Montpellier            jeudi 11 août 2005
Compte rendu du rassemblement de protestation contre l'éxécution de deux adolescents gays en Iran, par Hussein Bourgi , président du Collectif contre l'Homophobie de Montpellier.
Le rassemblement de protestation contre l’exécution de deux adolescents iraniens en raison de leur homosexualité a réuni une cinquantaine de personnes entre 12h et 13h autour des 3 Grâces (Place de la Comédie à Montpellier).

Le rassemblement à l’appel du Collectif contre l’homophobie a été suivi par de nombreuses autres organisations (Coordination InterPride France, Mouvement des Jeunes Socialistes, Les Verts, Envie, ANGEL34, Lesbian & Gay Pride Montpellier David & Jonathan, Beit Haverim,Planning Familial, Chemin des Cimes, Eglise MCC, Sida Info Service).

Quatre élus étaient également présents : Marylise BLANC (Adjointe au Maire, PCF de la Ville de Montpellier), Mustapha MAJDOUL (Adjoint au Maire, "Les Verts" de la Ville de Montpellier), Jean-Claude BIAU (Conseiller municipal, "Les Verts" de la Ville de Montpellier) ainsi que Marie MEUNIER (Vice-Présidente du Conseil Régional, "Les Verts", du Languedoc-Roussillon).

Le rassemblement a donné lieu à des distributions de tracts aux passants et à des prises de parole en alternance de Stéphane CORBIN (président de la Coordination InterPride France) et d’Hussein BOURGI (président du Collectif contre l’homophobie), ce qui a permis de sensibiliser les personnes attablées aux terrasses des cafés, ainsi que les chalands et nombreux touristes.

Les participants portaient des pancartes sur lesquelles étaient mentionnées les textes suivants :
« IRAN: REGIME HOMOPHOBE, ETAT ASSASSIN »
« NON A LA THEOCRATIE, OUI AU RESPECT DES DROITS DE L'HOMME »
« NI CRIMES D'HONNEUR, NI EXECUTIONS HOMOPHOBES »
« DEPENALISATION DE L'HOMOSEXUALITE, ABOLITION DE LA PEINE DE MORT »
« NON AU FASCISME THEOCRATIQUE, NON AUX INTEGRISMES RELIGIEUX »

A 14h, Stéphane CORBIN et Hussein BOURGI ont été reçus, à leur demande, par Monsieur CHOUILLY, Chef de Cabinet du Préfet de l’Hérault. Cette audience a été l’occasion de protester une nouvelle fois contre l’inertie et le silence de Philippe DOUSTE-BLAZY, Ministre des Affaires Etrangères.

Interrogé par email le 29 juillet au sujet de cette affaire par un de nos adhérents, vous trouverez ci-dessous (en italique) la réponse du Ministre des Affaires Etrangères :
Madame, Monsieur,
Comme vous le savez, la France est opposée à la peine de mort partout dans le monde et agit pour son abolition. Nous menons, avec l'Union européenne, un dialogue sur les droits de l'Homme avec les autorités iraniennes, dans lequel le type de violation des droits de l'Homme que vous mentionnez est directement abordé avec les autorités iraniennes. Sincères salutations. Le webmestre, http://www.diplomatie.gouv.fr

La rencontre à la Préfecture fut également l’occasion de demander une intervention, dans les plus brefs délais, des autorités françaises auprès des autorités du Nigeria. En effet le 3 août une cour nigériane de justice islamique a libéré sous caution deux hommes soupçonnés d'être homosexuels et qui risquent la peine de mort pour actes de sodomie, s’ils sont reconnus coupables. La prochaine audience devant avoir lieu le 24 août, il y a urgence à agir.

Revue de presse du rassemblement du 11 août 2005, à Montpellier :
Hérault du jour 09 08 05          Midi Libre 11 08 05            Midi Libre 12 08 05          Hérault du jour 12 08 05



tetu.com            vendredi 12 août 2005
Plusieurs rassemblements contre «l'Iran homophobe»

par Paul Parant

«Iran État homophobe, État assassin», scandaient 150 manifestants jeudi 11 août devant le centre Pompidou à Paris, et 50 autres place de la Comédie à Montpellier. Des rassemblements avaient été organisés dans ces deux villes, ainsi qu'à Londres, Dublin et San Francisco, afin de condamner l'exécution, le mois dernier à Téhéran, de deux adolescents de 16 et 18 ans, probablement en raison de leurs pratiques homosexuelles (lire Lettre du 22 juillet). « Nos âmes sont profondément meurtries par ces exécutions, a lu une Sœur de la perpétuelle indulgence lors du rassemblement parisien. En Iran, 4.000 gays et lesbiennes ont été tués depuis la révolution de 1979» a-t-elle rappelé avant d'inviter les manifestants à s'allonger par terre, devant l'effigie en carton de deux pendus. Puis la foule a crié «L'Iran tue les pédés, le Quai d'Orsay doit condamner». «On ne se fait guère d'illusions, explique Thierry Schaffauser, militant d'Act Up-Paris. Le gouvernement français ne s'opposera pas à l'Iran sur ce sujet, surtout dans un climat déjà tendu vis-à-vis de ce pays. Mais la France devrait au moins autoriser le droit d'asile aux réfugiés homosexuels.» Ces manifestations se tenaient à l'appel d'un collectif d'associations (lire Lettre du 9 août) relayant la pétition d'Ensemble contre la peine de mort: «Pas d'homos à l'échafaud», contre les 9 pays où l'homosexualité est passible de la peine capitale. «Les deux adolescents, c'est hélas trop tard pour eux, déplore Xavier Prieur-Adjadj, de l'association Les Panthères roses. Mais pour ceux qui sont persécutés là-bas, on peut au moins témoigner de notre soutien.»

 

ILGA           vendredi 12 août 2005
Les co-secrétaires généraux de l'ILGA ont envoyé une lettre ouverte au nouveau président iranien à la suite des récentes exécutions en Iran

A Monsieur Mahmoud Ahmadinejad, Président de la République Islamique d’Iran.
Bruxelles, le 5 août 2005,

M. le Président,
Nous voudrions vous féliciter pour votre élection à la présidence de la République Islamique d’Iran. Nous espérons que vous garderez durant votre présidence l’approche pragmatique que vous avez manifestée en tant que Maire de Téhéran.

L’International Lesbian and Gay association (ILGA) est la seule association mondiale de personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres/transsexuelles. Nous comptons des membres dans plus de 90 pays, appartenant pour certains au monde musulman, et nous sommes fiers de compter parmi eux des Iraniens.

La récente exécution de deux adolescents à Mashad, en Iran, le 19 juillet pour « comportement désordonné en état d’ivresse, vol de vélo, comportement menaçant à l’égard d’autrui, et relation sexuelle avec un garçon de 13 ans » (selon la Justice iranienne), a focalisé l’attention du monde sur l’Iran. Cette attention tient au fait qu’en Occident de nombreuses organisations pour les droits humains sont persuadées et affirment que les injures et la torture à l’encontre des personnes gaies sont courantes en Iran. A chaque fois que le régime veut éviter cette critique, il invente contre les victimes de sa brutalité des accusations d’alcoolisme, d’adultère, de viol et d’usage illégal de drogues. Cela démontre que ces deux garçons ont été exécutés à cause de leur sexualité, ou que leur sexualité a été un facteur déterminant dans la décision de les condamner à mort.

L’ILGA ne cautionne pas le fait d’avoir des relations sexuelles avec des mineurs qui ne peuvent pas donner leur consentement. Nous trouvons également barbare la peine de mort perpétrée par les Etats. Ce triste épisode montre que l’Iran continue cependant à être un des neuf Etats qui punissent encore de mort l’homosexualité. Il est particulièrement inacceptable que ces condamnations à mort soient proférées au nom de l’Islam et que les seuls pays au monde qui continuent à tuer des personnes LGBT soient des pays majoritairement musulmans !

Comme vous le savez, Monsieur le Président, il est particulièrement difficile d’obtenir hors d’Iran des informations fiables ; cependant, concernant la situation des personnes LGBT en Iran, tous nos contacts dressent le tableau suivant :

1) Malgré la persécution croissante des personnes LGBT en Iran, qui a commencé dès les premiers jours de la révolution, il n’y a pas eu de diminution du nombre de personnes LGBT en Iran. La seule conséquence en fut de les contraindre à vivre cachées dans l’ombre, et les grandes villes, dont Téhéran, continuent à abriter en secret les rencontres clandestines entre personnes gaies.

2) Bien qu’en Iran il soit possible aux transsexuels d’obtenir du gouvernement l’autorisation de se faire opérer pour changer de sexe, les pratiques barbares de mise à mort de lesbiennes, de gais et de bisexuels continuent, du moins officiellement. Si nous n’assistons pas à davantage d’exécutions de personnes lesbiennes, gaies et bisexuelles, cela tient à la difficulté de prouver ce que la Shari’a qualifie de « crime ».

3) Un grand nombre de jeunes iraniens LGBT préfèrent, quand il en ont la possibilité, partir vivre à l’étranger et l’asile politique est de plus en souvent accordé à ces Iraniens persécutés en Iran en raison de leur sexualité.

L’ILGA vous demande de mettre fin à la peine de mort en Iran. Nous vous demandons tout particulièrement de mettre fin aux exécutions de personnes LGB en Iran, quelle que soit la méthode employée pour les mettre à mort, ainsi qu’à l’extorsion d’aveux sous la torture.

Sincèrement,
Kursad Kahramanoglu et Rosanna Flamer-Caldera
Secrétaires généraux, ILGA

(remerciements pour la traduction de l'américain par Maxime et Renaud - version anglaise)


Résolution que la ville de San Francisco votée à l'unanimité
             mardi 16 août 2005
Résolution du conseil de San Francisco, présentée par les conseillers Dufty, Mirkarimi, Ammiano, Sandoval, Daly et votée à l’unanimité le jeudi 16 août 2005
Résolution demandant instamment au Département d’Etat des Etats-Unis de condamner la République Islamique d’Iran pour l’exécution de deux adolescents (Mahmoud Asgari, Ayaz Marhoni), et l’exécution imminente de jeunes gens (Farid Mostaar, Ahmad Chooka) en raison de pratiques homosexuelles, sous la charge alléguée de « viol ».

ATTENDU QUE, le 19 juillet 2005, dans la ville du nord-est de Mashhad, en Iran, deux adolescents, Ayaz Marhoni, âgé de 16 ans, et Mahmoud Asgari, âgé de 18 ans, étaient publiquement pendus pour un crime impliquant une relation homosexuelle – ils étaient accusés d’avoir violé un garçon de 13 ans non identifié, bien que des témoignages (qui n’ont pas été pris en compte) aient suggéré une version différente ; et,

ATTENDU QUE, avant leur exécution, Marhoni et Asgari ont été détenus environ quatorze mois et ont reçus 228 coups de fouet chacun pour abus de boisson, trouble de l’ordre et vol mineur ; et,

ATTENDU QUE, malgré les appels de militants iraniens des droits humains, de la lauréate du prix Nobel Shirin Ebadi, et de nombreuses autres Organisations non Gouvernementales (ONG), la cour suprême d’Iran a maintenu son verdict et la condamnation à mort de Marhoni et Asgari ; et,

ATTENDU QUE, la cour suprême d’Aarak a condamné deux autres jeunes iraniens, Farid Mostaar et Ahmad Chooka, à mort par pendaison publique – prévue le 27 août 2005 – sous la charge de relation homosexuelle et « viol » ; et,

ATTENDU QUE ces exécutions sont une violation de la Convention des Nations Unies sur les Droits de l’enfant et de la Convention Internationale sur les Droits Civils et Politiques (desquelles l’Iran est signataire), qui interdisent l’exécution de mineurs ; et,

ATTENDU QUE, en 2004, 97% de toutes les exécutions connues ont eu lieu en Chine, en Iran, au Vietnam et aux Etats-Unis ; en ce qui concerne le nombre d’exécution de jeunes gens, l’Iran occupe le deuxième rang (14 exécutions) après les Etats-Unis (19 exécutions) ; et,

ATTENDU QUE, l’exécution de jeunes gens en Iran met en lumière l’exécution de jeunes gens aux Etats-Unis, remettant en cause notre perception déformée d’une société humaine occidentale, éclairée, séculaire face à une société islamo-théocratique oppressive ; pour ces raisons, il est ici

RESOLU que le conseil de la ville et du comté de San Francisco déplorent par la présente la persécution et l’exécution de tous les Iraniens auxquels on refuse la procédure légale à laquelle ils ont droit, et qui appartiennent, ou sont perçus comme appartenant à la communauté LGBT ; il est

RESOLU EN OUTRE, que le conseil de la ville et du comté de San Francisco demande instamment au Département d’Etat des Etats-Unis et à ses partenaires européens de condamner fermement la République islamique d’Iran pour les atteintes aux droits civils et les exécutions d’homosexuels qui ont lieu sur son territoire national, et réclame à l’Iran de renoncer à toutes nouvelles exécutions et à toutes nouvelles violations des procédures légales garanties par le droit.

(remerciements pour la traduction de l'américain par Maxime et Renaud - version américaine)



Collectif contre l'homophobie de Montpellier            vendredi 19 août 2005
Lettre ouverte adressée à Dominique de Villepin par le Collectif contre l'homophobie de Montpellier
Collectif contre l’homophobie, 9, rue Joachim Colbert, 34000 Montpellier
Montpellier le 19 août 2005
Monsieur Dominique de Villepin,
Premier Ministre de la France

Monsieur,
En Iran, deux adolescents âgés de 16 et 18 ans ont été pendus le 19 juillet dernier, dans la ville de Mashhad, en raison de leur homosexualité.

En Iran, la peine de mort est une arme de contrôle social qui frappe particulièrement les femmes et les minorités sexuelles.

Ces assassinats légaux s'inscrivent parfaitement dans la politique de répression et de haine homophobe de l'Etat iranien.

Pour protester contre ces exécutions homophobes, des rassemblements ont eu lieu le jeudi 11 août dernier dans plusieurs villes du Monde dont Paris et Montpellier.

Ces rassemblements furent aussi l’occasion de demander aux autorités françaises de condamner officiellement ces exécutions, de rester extrêmement vigilantes, fermes et réactives face à l'homophobie dans le monde.

Hélas, nos appels au gouvernement français et à Monsieur Philippe DOUSTE-BLAZY, Ministre des Affaires Etrangères, n’ont pas été entendus. La transmission d’un dossier par le biais de la Préfecture de l’Hérault et la médiatisation de ces exécutions n’ont apparemment pas sorti votre ministre de la torpeur estivale.

Nous venons d’être informés que deux homosexuels iraniens, Farbod Mostaar et Ahmad Chooka, âgés de 27 ans, seront exécutés en raison de leur homosexualité le 28 août prochain dans la ville d’Arak

Nous vous saisissons solennellement pour :
- Vous demander des explications sur le silence assourdissant de votre Ministre des Affaires Etrangères.
- Vous demander de préciser si la France a renoncé à défendre sa conception universaliste et volontariste des Droits de l’Homme dans le Monde.
- Vous demander d’indiquer si en France le devoir d’ingérence a été définitivement rangé aux oubliettes.
- Vous demander si la France a abdiqué devant l’obscurantisme et l’intégrisme religieux dont sont victimes les minorités sexuelles et les femmes dans le Monde.
- Vous demander d’intervenir dans les plus brefs délais auprès de l’ambassadeur d’Iran en France et auprès des autorités iraniennes afin d’obtenir la grâce pour ces hommes.

Restant à la disposition de vos services pour les informer sur ces nouvelles condamnations, nous espérons que, contrairement à votre Ministre des Affaires Etrangères, vous vous intéresserez au sort de ces deux hommes qui attendent dans les couloirs de la mort iraniens.

Dans l’attente, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de nos sentiments respectueux.

Hussein BOURGI, le président, 06 70 13 16 26.



tetu.com            mardi 23 août 2005
L'Iran s'apprêterait à exécuter deux homosexuels

par Blaise Gauquelin

Un peu plus d'un mois après l'exécution de deux jeunes iraniens le dix-neuf juillet dernier à Mashhad (lire Lettre du 22 juillet), deux autres homosexuels semblent sur le point d'être pendus à la fin du mois, probablement le vingt-sept ou le vingt-huit août, selon différentes sources sur place (une autre source affirmant cependant que l'un d'entre eux avait déjà été exécuté le 16 août dernier.) Les deux hommes, âgés de vingt-sept ans et propriétaires d'un magasin de disques, apparemment mal défendus par un avocat qu'ils n'ont pas pu payer, auraient été condamnés par la cour de justice de la ville d'Arak, au sud-ouest de Téhéran, pour homosexualité, mais également pour séquestration et viol sur la personne d'un étudiant de vingt-deux ans, fils d'un colonel de l'armée. C'est ce dernier qui aurait fait constater le viol de son fils. Il est difficile, d'après nos informations, de savoir si les faits invoqués sont fondés, ou si les deux hommes sont victimes d'un contournement de la loi iranienne, qui punit le viol par la peine capitale, mais non l'homosexualité.



tetu.com            jeudi 25 août 2005
Act Up-Paris zappe l'ambassade d'Iran

par Paul Parant

Alors que l'Iran continue d'exécuter les homosexuels, Act Up-Paris a ciblé pour la première fois ce pays dans le cadre d'une action express («zap»). Ce matin, une dizaine de personnes s'est rassemblée devant l'ambassade d'Iran, rue Iéna à Paris (XVIème arrondissement). Déployant une banderole marquée du mot «Homophobe» et la photo des deux adolescents pendus le 19 juillet dernier, les activistes ont crié «En Iran, on tue les pédés» et «Droit d'asile, statut de réfugié pour les LGBT persécutés». Ils ont fait retentir des cornes de brume durant dix minutes, avant de se disperser dans le calme en répandant des tracts au sol. «On veut alerter les gouvernements iranien et français afin d'empêcher de nouvelles exécutions», explique une militante. L'Iran s'apprêterait à exécuter deux autres homosexuels ce week-end (lire Quotidien du 23 août). Act-Up Paris attend de connaître leur sort avant d'envisager une nouvelle action. En fin de matinée, le Quai d'Orsay n'avait toujours pas réagi...



tetu.com           vendredi 26 août 2005
Des associations appellent à manifester contre l'exécution d'homosexuels en Iran
par Blaise Gauquelin

La mobilisation continue. Suite à l'exécution de deux jeunes homosexuels le 19 juillet dernier et à la récente annonce de la probable exécution prochaine des nommés Farad Mostar et d'Ahmed Choka (les noms varient suivant les sources), tous deux âgés de 27 ans, les 27 ou 28 août prochains, les représentants de la communauté gay et lesbienne d'Autriche ont appelé à manifester le vendredi 26 août à 11h45 devant l'agence d'Iran Air, située en plein centre de Vienne, en face de l'Opéra. «Depuis la révolution islamique de 1979, plus de 4 000 gays et lesbiennes ont été condamnés en Iran», écrit le communiqué. Les manifestants réclament l'abolition de la peine de mort, quel que soit le délit et le pays, l'abolition du délit d'homosexualité en Iran, ainsi que l'asile politique pour les gays et les lesbiennes iraniens.



e-llico.com            lundi 29 août 2005
Iran : Delanoë et les Verts se mobilisent contre les exécutions d’homosexuels
En plus de sa signature, en juillet dernier, de la pétition d’Ensemble contre la peine de mort, dénonçant la peine de mort pour seule raison d’homosexualité, Bertrand Delanoë a signé un courrier officiel de protestation remis aux autorités iraniennes.
Les verts se mobilisent se mobilisent aussi contre les exécutions qui se poursuivent en Iran. Lors de leurs journées d’été à Grenoble, ils ont rappelé les engagements pris par le gouvernement iranien signataire duPacte International relatif aux droits civils.
Une lettre signée la plupart des élu-e-s, dirigeant-e-s et militant-e-s présentes aux journées d’été, a été envoyée à l’ambassade d’Iran en France et au Chef de l’été iranien.     Mis en ligne le 29/08/05



tetu.com            lundi 29 août 2005
Les Verts et Bertrand Delanoë demandent à l'Iran de cesser les exécutions d'homos

par Emmanuelle Cosse

Alors qu'on est sans nouvelles de l'exécution prévue de deux homos iraniens, Farbod Mostaar et Ahmad Chooka, prévue le 27 août dans la ville d'Arak (lire Quotidien du 23 août), les militants des Verts, qui étaient réunis ce week-end à Grenoble pour leurs journées d'été, ont adressé une pétition au chef de l'État iranien. Rappelant leur «inquiétude au sujet des exécutions de mineurs, d'homosexuels, de lesbiennes, de femmes et d'hommes qui se poursuivent en Iran», les écologistes demandent au chef de l'État iranien, que son pays «adopte un moratoire sur toutes les exécutions en cours quels qu'en soient les motifs et d'abolir la peine capitale comme châtiment de tous les crimes». Les Verts invitent également le gouvernement iranien à dépénaliser l'homosexualité en Iran en vertu de leurs engagements internationaux. De son côté, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a écrit le 26 août à l'ambassadeur d'Iran en France, afin de lui faire part de son indignation quant aux exécutions qui ont eu lieu début août et celles envisagées le 27 août. «Quelles que puissent être la nature et la gravité de ceux-ci et sans vouloir émettre de jugement sur la procédure judicaire suivie, je souhaite vous dire que je condamne avec la plus grande vigueur ces exécutions, écrit-il. Elles portent en effet une atteinte intolérable aux droits fondamentaux et aux principes universels de dignité, liberté et respect de la personne humaine, y compris sous l'angle de sa vie privée. Elles constituent par ailleurs une violation des accords internationaux signés par votre pays, qui interdisent en particulier les condamnations à mort des mineurs.» Le maire de Paris a également demandé à l'ambassadeur d'intercéder auprès des autorités de son pays en faveur de Farbod Mostaar et Ahmad Chooka.



tetu.com            mardi 30 août 2005
L'exécution de deux homosexuels iraniens suspendue grâce à la mobilisation internationale
par Blaise Gauquelin

La Fédération internationale des réfugiés iraniens (IFIR), basée aux Pays-Bas, s'est réjouie, ce week-end, de la décision prise par le tribunal d'Arak de suspendre l'exécution de Ahmad Chooka et de Farbod Mostaar (sous les noms de Ahmad Choqa et Mahbod kord Afshad). L'IFIR cite un communiqué de l'Agence de presse de la République islamique (IRNA) paru le même jour, mais introuvable en anglais sur le site de l'agence, dans lequel le procureur d'Arak dément les informations du maire de Paris. Bertrand Delanoë avait en effet protesté contre l'exécution imminente des deux hommes (lire Quotidien du 29 août). Dans sa déclaration, le procureur confond— sciemment ou pas— deux exécutions distinctes évoquées par Bertrand Delanoë: celle de Ayaz Marhoni et Mahmoud Asgari à Machhad, le 19 juillet dernier, qui avaient 16 et 18 ans lors des faits qui leur étaient reprochés, et celle de Ahmad Choqa et Mahbod kord Afshad, dont l'exécution devait avoir lieu le week-end dernier. Le procureur admet l'existence de Ahmad Choqa, âgé selon lui de 24 ans, et de Mahbod korn Afshar, âgé de 26 ans. Il précise qu'Ahmad Choqa est poursuivi pour le kidnapping et le viol d'un étudiant, mais ne dit pas pour quel motif Mahbod korn Afshaf a lui aussi été interpellé. Toujours selon les informations du procureur, le tribunal islamique n'aurait pas encore décidé si la peine de mort devait être appliquée aux deux détenus. Pour l'IFIR, cette intervention du procureur dans la presse et ce démenti des autorités sont la preuve que la République islamique d'Iran comptait bien exécuter les deux hommes le 28 ou le 29 août dernier, et qu'elle a fait marche arrière. «En raison des pressions internationales, la République islamique utilise de fausses accusations de viol, afin de pouvoir exécuter les homosexuels, explique Farshad Hoseini, de l'IFIR. Sans la solidarité internationale, Ahmad et Farid (Mahbod) auraient pu tout simplement mourir.»



tetu.com            mercredi 21 septembre 2005
OutRage! dénonce la flagellation d'un jeune gay iranien
par Xavier Héraud

Sur son site web, l'association britannique OutRage! publie un communiqué qui émanerait d'un groupe gay et lesbien iranien. Ce groupe, qui se nomme Organisation des gays et lesbiennes perses, dénonce sur son site la flagellation d'Amir, 22 ans, en raison de son homosexualité, et fournit des photos du dos ensanglanté du jeune homme. Selon l'organisation, Amir aurait été piégé sur internet par des policiers qui lui auraient fixé un faux rendez-vous, au cours duquel ils l'auraient ensuite arrêté et torturé. Il aurait ensuite été jugé et condamné à recevoir 100 coups de fouet. Après quoi, les policiers l'auraient menacé de lui faire subir le même sort que les jeunes Iraniens qui ont été exécutés récemment (Lire Lettre du 22 juillet). Aujourd'hui, Amir aurait pu quitter l'Iran et aurait décidé de parler de ce qui lui est arrivé. D'où le communiqué de l'Organisation des gays et lesbiennes perses.




Coordination InterPride France (CIF)            mardi 23 août 2005
Pendaison de deux homosexuels le 28 août prochain, en Iran Philippe Douste Blazy, ministre des Affaires étrangères, députés et sénateurs des groupes d'amitié franco-iranienne saisis pour obtenir la grâce de ces deux hommes

La Coordination InterPride France, à l'instar d'un collectif d'associations LGBT françaises et internationales, est inquiète pour la vie de deux hommes qui seront exécutés en Iran, le 28 août prochain à Arak, en raison de leur homosexualité.

La Coordination InterPride France vient de saisir Philippe Douste Blazy, ministre des Affaires étrangères, ainsi que les députés et sénateurs des groupes d'amitié franco-iranienne afin que la France condamne ces pratiques de l'Etat iranien, demande et obtienne la grâce de ces deux hommes.

Lettre adressée par fax à Philippe Douste Blazy, ministre des Affaires étrangères
Monsieur le ministre,

Notre association, à l'instar d'un collectif d'associations LGBT françaises et internationales, est très inquiète pour la vie de deux hommes qui seront exécutés en Iran, le 28 août prochain à Arak, en raison de leur homosexualité.

Nous sommes également étonnés de votre silence quant à ces affaires en Iran. Il serait déplacé que la France fasse entendre sa voix, par vos interventions, seulement sur des questions liés à la reprise de l'enrichissement de l'uranium en Iran tout en restant muette, voire dans un silence assourdissant, sur des questions en rapport avec la violation des droits de l'Homme et la survie des minorités sexuelles dans ce même pays.

L'Etat iranien a fait pendre Mamhoud et Ayaz, deux jeunes de 16 et 18 ans, en place publique, à Mashad, le 18 juillet dernier, officiellement pour avoir violé, il a presque deux ans, un adolescent de 13 ans à l'époque des faits.

Les 28 août prochain à Arak, Farbod Mostaar et Ahmad Chooka, âgés de 27 ans, seront pendus pour avoir officiellement violé un autre jeune de 22 ans dont le père est officier dans l'armée iranienne.

En Iran, les exécutions à l'encontre des homosexuels se multiplient sous l'accusation de viol ce qui permet l'application de la peine de mort comme arme de contrôle social contre les minorités sexuelles, dont les femmes.

L'Iran doit respecter le moratoire qu'elle a signé, et pourtant violé à maintes reprises, stipulant qu'elle s'engageait à ne pas exécuter de mineurs à l'époque des faits qui leur sont reprochés.

L'Iran, après la Chine, est le pays du monde qui exécute le plus de condamnés dans des conditions effroyables et sordides.

Dans tous ces cas, l'homosexualité des personnes est un élément aggravant qui les conduit à la pendaison.

Face à ses atteintes aux Droits de l'Homme, nous vous sollicitons afin de bien vouloir agir pour que la France :
- condamne officiellement ces pratiques, demande et obtienne des autorités iraniennes la grâce de ces deux hommes,
- obtienne de l'Iran le respect scrupuleux du moratoire qu'elle a signé, s'engageant à ne pas exécuter de mineurs à l'époque des faits qui leur sont reprochés,
- obtienne de l'Iran le décriminalisation de l'homosexualité,
- obtienne de l'Iran l’abolition de la peine de mort.

Monsieur le ministre, la torpeur de l'été ne doit pas nous faire oublier que des hommes et des femmes, particulièrement en Iran mais aussi au Nigeria et dans neuf pays, risquent leur vie en raison de leur orientation sexuelle et que la vie de deux hommes se joue dans quelques jours en Iran.

Dans l’attente de votre réponse,
Veuillez agréer, Monsieur le ministre, l’expression de nos sentiments respectueux et déterminés.

tetu.com            mardi 15 novembre 2005
Deux homosexuels auraient été pendus la semaine dernière
par Emmanuelle Cosse

Selon le quotidien iranien Keyhan du 13 novembre, repris par l'agence de presse Iran Focus, deux jeunes hommes auraient été pendus sur la place publique Chahid Bahonar de la ville de Gorgan, dans le nord de l'Iran, après avoir été jugés coupables de relations homosexuelles. Les deux hommes ont été identifiés comme Mokhtar N., 24 ans, et Ali A., 25 ans. L'article du Keyhan précisait que si figuraient dans le «passé criminel» des deux jeunes les crimes d'enlèvement et de viol, ils avaient bien été pendus pour «crime» de sodomie. Cette exécution fait suite à celle de deux mineurs en juillet dernier (lire Lettre du 22 juillet) et une autre prévue en août qui finalement n'avait pas eu lieu (lire Lettre du 30 août). Plusieurs organisations font état du fait que plus de 4000 gays et lesbiennes auraient été pendus en Iran depuis 1979.

tetu.com            lundi 21novembre 2005
L'IGLHRC réclame une enquête sur les pendaisons d'homosexuels présumés en Iran
par Habibou Bangré

La Commission internationale des droits des gays et des lesbiennes (IGLHRC) a appelé, mercredi 16 novembre, les experts en droits de la personne des Nations unies à mener une enquête sur les récentes pendaisons en Iran. Cette requête intervient alors que l'on rapporte que deux hommes ont été publiquement pendus à Gorgan, au nord du pays, dimanche 13 novembre (lire Quotidien du 15 novembre), et qu'un autre aurait subi le même sort une semaine avant, apparemment pour homosexualité. «Nous sommes alarmés par les dernières pendaisons et demandons une enquête immédiate des Nations Unies et des observateurs des droits humains nationaux», explique dans un communiqué Paula Ettelbrick, directrice exécutive de l'IGLHRC. «Il est clair qu'un modèle émerge dans lequel de jeunes hommes sont exécutés en tant que couple et que les crimes qu'ils auraient commis impliquent toujours une certaine forme d'agression sexuelle d'un autre homme (…) Lorsque nous avons pris connaissance des premiers rapports d'exécutions en juillet, il était pratiquement impossible de déterminer si les deux hommes avaient été exécutés à cause de leur orientation sexuelle. Mais ce modèle que nous avons identifié, en plus de la très forte augmentation des peines de mort publiques menées par ce nouveau gouvernement, ne demande pas juste une réponse de la communauté LGBT, mais de tous les défenseurs des droits de la personne», poursuit la responsable. En septembre, l'Organisation des gays et lesbiennes persans (PGLO) avait dénoncé le traitement des homos en Iran, expliquant qu'ils sont «régulièrement soumis à une oppression extrême et sont quelquefois tués». La PGLO avait aussi souligné que «seule une petite fraction de cette violente homophobie est révélée». L'IGLHRC travaille avec plusieurs associations LGBT et de droits de la personne pour que la communauté internationale pousse l'Iran à honorer «ses engagements sous la loi internationale de suspendre la peine de mort». L'association LGBT anglaise OutRage! invite pour sa part à la «cyber-protestation» en proposant l'envoi d'un courriel au président iranien Mahmoud Ahmadinejad à l'adresse ahmadinejad@president.ir. L'IGLHRC rapporte que 92 pendaisons et peines de mort auraient eu lieu en Iran durant les derniers quatre mois et demi.


Coordination InterPride France

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