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16 septembre 2008 | Derrière
EDVIRSP, EDVIGE 2.0 : fichez la paix aux liberté
Le Collectif « Non à EDVIGE », réuni
le 25 septembre, se félicite de la mobilisation citoyenne
massive qui a largement contribué à faire reculer
le gouvernement sur un texte liberticide.
Il réaffirme son opposition au décret 2008-632
et en demande toujours l'abrogation. Le nouveau projet transmis
à la CNIL ne précise pas s'il modifie, complète
ou se substitue à celui de juillet. Il ne peut toutefois
être qualifié de réel retour aux principes
qui doivent régir le fonctionnement d'un Etat de droit.
En effet, après avoir poussé très loin
les reculs en matière de respect des libertés
publiques et d'atteintes aux droits démocratiques avec
le décret 2008-632, le gouvernement s'estime dédouané
quand il n'a pourtant reculé que très partiellement
sur les aspects les plus controversés d'un texte inacceptable
dans son intention comme dans sa forme. L'architecture du texte
a changé et la disparition de la finalité du fichage
des militants en tant que tels va apparemment plus loin que
le texte même de 1991. Mais l'on retrouve toujours un
mélange de finalités très différentes
et les garanties se sont fortement dégradées par
rapport au texte de 1991.
Certains reculs partiels, comme le retrait de la vie sexuelle
ou de l'état de santé, sont prétexte à
avancer dans des propositions qui restent très inquiétantes
au regard du texte de 1991. C'est là une stratégie
aussi classique que détestable, une tactique qui ne peut
pas longtemps faire illusion.
Le « droit à l'oubli » pour les mineurs,
par exemple, est certes une petite avancée par rapport
au texte de juillet mais il ne peut faire oublier qu'il s'agit
pour la première fois de ficher des mineurs et ce sur
de simples soupçons, sans l'existence du moindre délit.
La défenseure des enfants s'en est d'ailleurs émue
: « dans la mesure où le casier judiciaire national
recense l'ensemble des condamnations des mineurs selon des modalités
garantissant un accès limité à ces données
et des règles d’effacement pour préserver
notamment leur avenir professionnel », elle « ne
voit pas l'intérêt que ces informations soient
reprises dans le fichier EDVIGE ».
Quant aux données elles-mêmes, si la vie sexuelle
et l'état de santé ont fort heureusement été
retirées, subsistent encore les origines « raciales
» ou ethniques, les opinions philosophiques, politiques
ou religieuses et l'appartenance syndicale bref, tout ce qui
est censé avoir été retiré avec
la disparition du fichage des personnes sollicitant un mandat
et qui revient ainsi en catimini.
Si la traçabilité des demandes de recueil des
données offre une garantie supplémentaire par
rapport au décret créant EDVIGE, le droit à
l'information et le droit d'opposition restent formellement
exclus, ce qui n'était pas le cas dans le texte de 1991.
N'oublions pas que depuis la loi de 2004, les pouvoirs et les
moyens de la CNIL ont été fortement réduits.
On ne peut donc que s'interroger sur la portée et la
réalité du contrôle qu'elle pourra exercer.
La notion de trouble à l'ordre public, inquiétante
au regard des droits démocratique, est devenue atteinte
à la sécurité publique. On pourrait penser
qu'il y a là un progrès. C'est oublier que dans
le texte de 1991, la formulation évoquait l'atteinte
à la sûreté de l'Etat ou à la sécurité
publique « par le recours ou le soutien actif apporté
à la violence ». Dans sa nouvelle formulation,
la première finalité ouvre un boulevard à
la criminalisation du mouvement social et de l'action revendicative,
tant la notion d'atteinte à la sécurité
publique est floue et peut recouvrir de situations différentes.
Les risques qui pèsent sur les libertés citoyennes
sont réels.
Pour toutes ces raisons, le Collectif « Non à
EDVIGE » appelle les citoyennes et les citoyens de ce
pays, épris de liberté et attachés au respect
des droits, à continuer à manifester leur attachement
aux valeurs démocratiques en signant la pétition
« Pour obtenir l'abandon d'EDVIGE », en organisant
partout en France des collectifs locaux en vue de la mobilisation
du 16 octobre prochain qui réclamera le retrait du décret
EDVIGE et le refus de tout texte qui viserait à le sauvegarder
sous une forme déguisée.
Le Collectif « Non à EDVIGE » appelle à
l'organisation ce 16 octobre, partout en France, de rassemblements
citoyens devant les préfectures pour réclamer
le respect des droits démocratiques fondamentaux .
Contact Presse du Collectif: contact@nonaedvige.ras.eu.org
16 septembre 2008 | Fichier
Edvige : non à une fausse concertation, oui à
l'abrogation
Communiqué commun
Act-Up Paris, Aides, Collectif Contre l'Homophobie, Fédération
Autre Cercle, Inter-LGBT
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie,
reçoit aujourd'hui plusieurs organisations de défense
des droits des malades, ainsi que des organisations LGBT (lesbiennes,
gaies, bi et trans).
Act-Up Paris, Aides, le Collectif contre l'homophobie de Montpellier,
la Fédération Autre Cercle et l'Inter-LGBT dénoncent
une fausse concertation et réaffirment leur opposition
au principe même du fichier EDVIGE : ils n'y participeront
donc pas.
Un nouveau décret serait en réalité déjà
rédigé. S'il prévoit d'abandonner les aspects
les plus polémiques du fichier, le gouvernement n'entend
pas revenir sur l'essentiel, à savoir un fichier qui
mélange des finalités d'ordre administratif et
d'autres relatives à la protection de l'ordre public.
Selon les rectifications et aménagements annoncés
par le gouvernement, dont les termes exactes demeurent encore
inconnus, les données recueillies resteront donc considérablement
étendues. Le fichier visera toujours des membres d'organisations
désignées comme « susceptibles de porter
atteinte à l'ordre public » : autrement dit, avec
une définition si subjective, tout militant-e d'organisation
associative ou syndicale restera fichable, l'activité
citoyenne restera la cible. Des données privées
telles que « les informations fiscales ou patrimoniales
», « l'environnement de la personne » ou les
« signes physiques particuliers et objectifs, photographies
» et des données personnelles continueront d'être
collectées. Les garanties quant au contrôle, à
l'accès, à la rectification des données
ou à la durée de leur conservation (indéfinie),
extrêmement faibles, ne font pas non plus l'objet de nouvelles
discussions. Destiné à « informer le gouvernement
et les représentants des collectivités »,
accessible à tout agent de police ou de gendarmerie sans
garde-fou suffisant, le fichier Edvige prédispose aux
abus, à l'excès et au non respect de l'Etat de
droit.
Il ne suffit pas, pour rassurer les associations de défense
des droits des malades et des personnes LGBT et pour répondre
à une mobilisation citoyenne exemplaire, de renoncer
à collecter les données sur la vie sexuelle ou
l'état de santé de leurs membres ou de leurs responsables.
C'est le fichier en lui-même qui est porteur de graves
dérives. C'est pourquoi, parties prenantes du Collectif
Non à Edvige, Act-Up Paris, Aides, le Collectif Contre
l'Homophobie, la Fédération Autre Cercle et l'Inter-LGBT
demandent son abrogation.
Contacts presse :
Pour Act-Up Paris : Emmanuel Chateau, 06 76 22 51 17.
Pour AIDES : Marjolaine Bénard, 01 41 83 46 53 / 06 10
41 23 86.
Pour le Collectif Contre l'Homophobie : Hussein Bourgi, 06 89
81 36 90.
Pour la Fédération Autre Cercle : Catherine Tripon,
06 80 28 44 67.
Pour l'Inter-LGBT : Alain Piriou, 06 82 25 59 47.
15 septembre 2008 | Le
Collectif Non à EDVIGE maintient sa demande d'abrogation
du fichier et demande à nouveau à rencontrer François
Fillon
Plusieurs médias font état de la volonté
de l'Elysée de tenter de clore le débat sur le
fichier EDVIGE en publiant, dès cette semaine, un nouveau
décret venant modifier, sur certains points seulement,
celui paru au début de l'été. Pendant ce
temps, le ministère de l'Intérieur procède
à l'audition de plusieurs dizaines de personnes physiques
et morales sur le fichier EDVIGE, alors que le texte est probablement
déjà bouclé.
Les 12 organisations qui ont déposé un recours
commun en annulation et le Collectif Non à EDVIGE
affirment avec force la nécessité d'abroger le
décret mettant en place le fichier EDVIGE. Le maintien
d’un fichier qui mélange des finalités d’ordre
différent en aggravant d’ailleurs les formulations
du décret du 14 octobre 1991 continue à menacer
les libertés individuelles et publiques y compris en
touchant à des garanties constitutionnelles ou celles
des conventions internationales (Convention des Droits de l’Enfant
par exemple).
Les 12 organisations réaffirment leur volonté
d’être reçues ensemble par le Premier Ministre.
Le collectif non à EDVIGE poursuit la mobilisation
avec la signature de l’appel « pour obtenir l’abandon
d’EDVIGE » (plus de 200 000 signatures en ligne
et « papier »). Des collectifs locaux commencent
à organiser des initiatives pour la journée de
mobilisation du 16 octobre.
Contact presse
contact@nonaedvige.ras.eu.org
12 septembre 2008 | Lettre
du Collectif Non à EDVIGE à François Fillon
En dépit de notre dernier communiqué appelant
au dialogue et à la concertation avec le ministère
de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie a fait savoir
auprès de divers médias qu'elle ne souhaite pas
associer à ses consultations le Collectif "Non à
Edvige !" soutenu aujourd'hui par plus de 800 organisations
et plus de 150 000 signatures de nos concitoyens et représenté
par nos 12 organisations ( AIDES, INTER-LGBT, IRIS,
Collectif contre l'Homophobie et pour l'égalité
des droits, CFDT, CGT, Fédération nationale de
l'AUTRE CERCLE, FSU, Ligue des Droits de l'Homme, l'Union Syndicale
Solidaires, Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature)
qui demandent expressément à être entendues
conjointement auprès des pouvoirs publics.
Devant une telle attitude, en contradiction flagrante avec l'esprit
d'ouverture mis en avant par le Président de la République,
nous avons pris la décision d'adresser au Premier ministre
le courrier que vous trouverez ci-dessous:
Paris le11 septembre 2008
Monsieur François Fillon
Premier ministre
Monsieur le Premier ministre,
Votre gouvernement a promulgué le 1er juillet 2008 le
décret n°2008-632 portant création d'un traitement
automatisé de données à caractère
personnel dénommé Edvige.
Ce fichier avait fait l'objet d'un avis de la CNIL, publié
au même Journal Officiel, qui marquait des réserves
importantes, dont le gouvernement n'a semble-t-il que très
partiellement tenu compte.
Depuis lors, le collectif « non à Edvige »
a rassemblé les signatures de plus de 150 000 personnes
et 850 organisations ou associations à ce jour. Les signatures
continuent d'affluer, des relais locaux se mettent en place
amplifiant ainsi la mobilisation et le refus de ce texte.
Douze organisations (AIDES, CFDT, CGT, Collectif contre l'Homophobie,
FSU, Inter-LGBT, IRIS, L'autre Cercle, LDH, SAF, SM, Union Syndicale
Solidaires) ont déposé des recours devant le Conseil
d'Etat contre ce décret et celui non publié qui
concerne le fichier Cristina. D'autres ont saisi dans le même
temps la Halde.
Cette immense mobilisation est populaire et citoyenne. Elle
regroupe, bien au-delà des clivages politiques, toutes
celles et ceux qui constatent que ce fichier est une atteinte
grave au droit à la présomption d'innocence ainsi
qu'à des libertés fondamentales ou constitutionnelles
: liberté d'aller et venir, liberté de pensée
ou liberté d'appartenance à l'organisation syndicale
de leur choix.
Ce fichier remet en cause des droits qui relèvent de
la sphère privée la plus intime (vie sexuelle,
maladie), il fait peser des risques d'interdits professionnels.
. Le droit d'information et le droit d'opposition, prévus
dans le décret du 14 octobre 1991, ne le sont plus.
Dire que celles et ceux qui signent sont dans le fantasme témoigne
d'une méconnaissance grave du texte contesté.
Nous sommes loin de la simple reconduction de l'ancien décret.
En avril dernier, lors de l'abandon du fichier Ardoise, le Ministre
de l'Intérieur avait promis une large concertation qui
ne s'est jamais mise en place.
Nous pensons donc que vous seul pouvez garantir que les paroles
du Président de la République sur un projet de
texte « protecteur des libertés » puissent
conduire à un vrai débat public associant les
citoyens de notre pays.
Aucun Etat démocratique ne dispose d'un tel fichier.
Aucun gouvernement européen n'éprouve cette tentation
de ficher à ce point la vie privée. Nous ne comprenons
pas pourquoi se serait impératif en France.
Porteurs de la volonté de retrait qui s'est exprimée
massivement, nous sommes légitimes à demander
à vous rencontrer pour l'ouverture d'un débat
public sur la protection de nos libertés collectives
et individuelles.
Dans cette attente, nous vous prions d'agréer, Monsieur
le Premier Ministre l'expression de notre haute considération.
Contact presse
contact@nonaedvige.ras.eu.org
10 septembre 2008 | Conférence
de presse du Collectif du 9 septembre
Une conférence de presse a réuni le 9 septembre
les 12 organisations signataires d’un recours commun en
annulation devant le Conseil d’Etat du décret créant
le fichier EDVIGE, ainsi que bon nombre d’organisations
et individus signataires de l’Appel: Pour obtenir l’abandon
d’EDVIGE.
La mobilisation contre la mise en place de ce fichier est immense
et témoigne de l’inquiétude légitime
de la population face aux attaques qu’il porte contre
les droits fondamentaux et les libertés publiques et
individuelles. Cette mobilisation a enfin été
entendue et le Président de la République a souhaité
que les libertés publiques soient préservées.
La ministre de l’intérieur sur TF1 hier s’est
déclarée prête à recevoir les organisations
qui le lui demanderaient mais pour ensuite décider d’exclure
a priori les représentants des 800 organisations et des
135000 signataires individuels du Collectif « Non à
EDVIGE ».
Cette mise à l’écart va manifestement à
l’encontre de la démarche d’apaisement et
de dialogue mise en avant par le Président de la République
pour garantir les libertés.
Elle apparaîtra incompréhensible aux yeux de l’opinion
publique et de nature à jeter un total discrédit
sur l’action de la Ministre de l’Intérieur,
comme sur la parole du Président de la République.
Pour le Collectif, le retrait du décret est un préalable
à l’ouverture d’un débat parlementaire
sur le respect des libertés publiques, débat dont
l’annonce nous réjouit : il est plus que temps
que les citoyens, par l’intermédiaire de leurs
représentants, reprennent leur place dans une discussion
qui n’aurait jamais dû leur échapper.
Dès aujourd’hui, les organisations demandent donc
à rencontrer les groupes parlementaires des deux assemblées
pour remettre les citoyens au coeur du débat.
Elles réaffirment leur volonté de voir ce décret
annulé.
Si le décret n’était pas retiré
d’ici là, elles appelleront les citoyens à
fêter la sainte EDVIGE le 16 octobre en se rassemblant
à Paris et en région pour faciliter le travail
de la police et déposer leur propre fiche individuelle
de renseignement auprès des services concernés,
afin de démontrer que l’absurdité sécuritaire
aboutit, peu ou prou, à ficher toute la population.
Dans l’attente du retrait du décret 2008-32, le
Collectif « non à edvige » appellent l’ensemble
des défenseurs des libertés de ce pays à
amplifier la mobilisation en signant et en faisant signer l’appel
« Pour obtenir l’abandon d’EDVIGE »
(http://www.nonaedvige.ras.eu.org), pour qu’enfin le gouvernement
se résolve définitivement à retirer ce
décret liberticide.
Contact presse
contact@nonaedvige.ras.eu.org
29 août 2008 | 700
organisations et 90 000 personnes à ce jour dénoncent
EDVIGE, un fichier liberticide
Conférence
de presse le 9 septembre suite au dépôt d'un recours
devant le Conseil d'État
12 associations et organisations syndicales (AIDES, la CFDT;
la CGT; le Collectif contre l'Homophobie et pour l'égalitédes
droits, la Fédération nationale de l'Autre Cercle
, la FSU; l'Inter-LGBT, IRIS, la Ligue des Droits de l'Homme,
le Syndicat des Avocats de France, le Syndicat de la Magistrature,
l'Union Syndicale Solidaires) ont déposé ce jour
un recours devant le Conseil d'Etat contre le décret
du 27 juin 2008 portant création d'un traitement automatisé
de données à caractère personnel dénommé
« EDVIGE ».
Elles entendent ainsi dénoncer un fichier qui, loin de
n'être que la réactualisation du décret
du 14 octobre 1991 relatif aux fichiers gérés
par les services des renseignements généraux,
aggrave considérablement l'atteintes aux libertés
en permettant le fichage des individus dès 13 ans, la
mise en fiche de données dites sensibles comme les origines
« raciales » ou ethniques ou qui sont
relatives à la santé ou à la vie sexuelle
des personnes. De manière plus générale,
le fichier EDVIGE confond les missions des renseignements généraux
et celles des services de police en amalgamant des finalités
fort différentes.
Réunies en Collectif « Non à EDVIGE »,
près de 700 organisations et associations et près
de 90 000 personnes ont signé la pétition en ligne
« Pour obtenir l'abandon d'EDVIGE » http://www.nonaedvige.ras.eu.org
et, pour certaines d'entre-elles, se sont engagées dans
des actions de signatures de la pétition par les citoyens
sur la voie publique.
Après la réunion du Collectif le 28 août,
il a été décidé d'organiser une
conférence de presse publique le 9 septembre prochain
à 11h00, à la Bourse du travail, salle Croizat.
Y sera développé le point de vue des associations
de défense des droits humains et des libertés,
des associations LGBT, des organisations de défense des
droits des mineurs, des associations de défense des malades,
des organisations syndicales et des citoyens mobilisés
contre un tel projet.
Les différentes actions envisagées contre ce fichier
liberticide seront dévoilées à cette occasion.
Contact presse
contact@nonaedvige.ras.eu.org
17 juillet 2008 | Saisine
de la HALDE par 24 associations LGBT contre le logiciel EDVIGE
qui fichera les mineurs et les militants associatifs, syndicaux,
politiques
A l'initiave du Collectif contre l'Homophobie (CCH), et avec
22 autres associations [1] luttant contre le sida et pour les
droits des les biennes, gays, bi et trans (LGBT), la Coordination
InterPride France (CIF) vient de saisir la Haute autorité
de lutte contre les discriminations et pour l’égalité
(HALDE) [2] contre le fichier EDVIGE -Exploitation Documentaire
et Valorisation de l’Information Générale.
Par un décret paru au Journal officiel le 1er juillet
dernier, Michèle ALLIOT-MARIE, ministre de l'Intérieur,
a créé ce nouveau fichier policier EDVIGE qui
aura pour finalité de ficher les mineurs délinquants
dès l'âge de 13 ans et d’enregistrer des
données personnelles, telles «les origines ethniques,
l’état de santé et la vie sexuelle»,
de tous les citoyens engagés comme militants associatifs,
syndicaux, politiques et religieux.
La CIF dénonce la création du fichier EDVIGE
attentatoire à nos libertés individuelles fondamentales
de citoyennes et de citoyens et demande l'abrogation de son
décret de création.
La CIF s'oppose à la politique du tout sécuritaire
du Gouvernement et au déterminisme social cher à
Nicolas Sarkozy qui font désormais de chaque militant
homosexuel, syndical et politique, un fauteur de « trouble
à l’ordre public » du seul fait de son
action.
La CIF dénonce le passage en force du Gouvernement malgré
les réserves émises par la Commission nationale
de l'informatique et des libertés (CNIL) au sujet d'
EDVIGE, avant et après la parution de ce décret.
La CIF conteste le flou de la notion d'exception avancée
par le ministère de l'Intérieur pour justifier
ce profilage. C'est la porte ouverte à tout abus attentatoire
à la vie privée des militants visés. Son
appréciation laissée à la discrétion
des seuls services de police, sans cadre réglementaire
strict, laisse augurer de l'arbitraire et discriminatoire.
Après l'épisode du logiciel ARDOISE en avril
dernier, Michèle ALLIOT-MARIE, ministre de l'Intérieur,
récidive avec le fichier EDVIGE à l'occasion de
la réorganisation des services de renseignements, croyant
la période estivale propice. C'est sans compter sur la
mobilisation syndicale et associative.
La CIF soutient et participe solidairement au Collectif Non
à EDVIGE et appelle toutes les citoyennes et tous les
citoyens à signer cet appel en ligne pour obtenir le
retrait du fichier policier incriminé.
Stéphane CORBIN,
secrétaire de la CIF.
[1] Les associations signatrices de cette saisine de la HALDE
sont:
le Collectif Contre l'Homophobie (CCH), la Fédération
nationale de L'Autre Cercle, le RAVAD, l'Inter-LGBT (Paris),
la Coordination InterPride France, la Fédération
française des Centres LGBT, la Lesbian & Gay Pride
de Lyon, la Lesbian & Gay Pride Marseille, laLesbian &
Gay Pride Montpellier, la Lesbian & Gay Pride Lille, Boucle
Rouge (Marseille), Festigays (Strasbourg), Arc-en-Ciel (Toulouse),
le Forum Gai et Lesbien de Lyon, ARIS (Lyon), Moove ! (Lyon),
Quazar (Angers), le Centre LGBT de Nantes, Tjenbé Rèd
!, Chemin des Cimes (Montpellier), mOules-frItes, David &
Jonathan, Envie (Montpellier), Sida Info Service.
[2] Saisine de la HALDE (format
pdf)
17 juillet 2008 | Collectif
Non à EDVIGE
Le 16 juillet, 33 organisations du «Collectif Non à
EDVIGE» se sont réunies pour dénoncer le
décret du 27 juin 2008 créant le fichier EDVIGE
(Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information
Genérale) et ses attaques contre les droits et les libertés
publiques (fichage des militants) et individuelles, contre les
droits des enfants (fichage des mineurs), contre le respect
de la vie privée (vie sexuelle, état de santé,
comportements...), et pour organiser la riposte.
A ce jour, près de 20 000 personnes et près de
200 organisations ont signé l'Appel en ligne «Pour
obtenir l'abandon du fichier EDVIGE»
http://nonaedvige.ras.eu.org , manifestant une inquiétude
évidente des citoyens face aux atteintes à la
vie de notre démocratie contenues dans ce fichier.
Les organisations réunies dans ce collectif vont poursuivre
et étendre les actions déjà en cours, qu'il
s'agisse notamment de la signature de la pétition en
ligne ou du recours contre le décret.
Elles donnent rendez-vous à la presse début septembre
pour dévoiler les actions qui seront proposées
à l'ensemble des citoyens dans le but de porter le coup
de grâce à ce fichier scélérat.
Philippe CASTEL 06 25 76 81 92 philippe.castel@fsu.fr
Loïc DAGUZAN 01 42 92 96 03 loic.daguzan@gmail.com _loic.daguzan@gmail.com
François SAUTEREY 06 89 12 62 71 francois.sauterey@ras.eu.org
contact@nonaedvige.ras.eu.org
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